Vins de GALHAC

parabole

Parabole

Alain Boullenger

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Solitude

Dans la terre, non loin d’ici,
Traînaient des morceaux de poteries,
Morceaux d’amphores éclatées ;
On y a trouvé un sigle : Tarani.
Taranis, le dieu des gaulois,
maître de la foudre et de l’orage,
comme le Tarn qui bouillonne,
qui tourbillonne en vagues rouge sang

... 

C’est la chaleur de la fin de l’été. Un été torride cette fois. Les orages tournent et retournent, ils claquent mais ne tombent pas . Le travail dans les vignes est maintenant terminé. Il ne me reste qu’à regarder mûrir les raisins : et ils mûrissent bien ! la récolte s’annonce très belle et jamais elle n’aura été aussi précoce. Pourtant j’ai la tête pleine d’idées contradictoires, et une angoisse sourde le long de mon échine, qui m’empêche de respirer calmement : la récolte terminée, les enfants grandis, l’automne arrivera et le silence va retomber dans cette maison ... et dans la campagne on ne verra plus, la nuit, que quelques fenêtres allumées où des familles assemblées se resserrent autour d’un foyer, insensibles au bruit de l’extérieur. Alors, ne pouvant supporter seul le silence glacial d’une maison solitaire, je m’imagine tel un loup errant, tournant autour de ces feux dans l’espoir d’y grappiller un peu de vie : famille je vous hais de toutes les conneries que j’ai accomplies pour vous retenir.

J’angoisse de la solitude ...

Allez, remue-toi nom-de-dieu, bouge un peu de là, sinon tu vas sécher sur place comme une orchidée. Tu ne sens pas son désir qui ronronne. Ne va pas laisser passer une occasion pareille, Macarelle mais il est fou ce mec ! ok, bon mais je ne sais pas comment aborder les choses : "Viens ma belle , tu me plais, j’ai envie de te faire déjanter !" ; non ça va pas, elle va me prendre pour un gros macho . "Si tu en as envie, vraiment moi ça ne me dérange pas , je suis à ton entière disposition ! " Alors tu déconnes ou quoi, tu sais bien pourtant que les femmes veulent qu’on les aime avant tout ! si tu crois les attirer en faisant l’indifférent. Oh de toutes manières je ne risque pas grand chose, avec la gueule que je me paye, et tu as vu les oreilles ? et que va-t-il m’arriver si je me retrouve au lit et que cela reste mou ? Alors, la honte ! et en plus pas marrant pour elle de penser qu’elle ne me fait pas bander ! bon, rideau ! ... Et après pour le préservatif, si j’en parle elle va penser que je la prends pour une fille facile et que je n’ai pas confiance ! Aller parler d’amour après çà ... bon mais alors j’en parle pas ... et elle va me prendre pour un irresponsable ! Piégé ! ... ou pour un mufle si jamais elle ne fait pas de contraception . Bon résumons : je ne dis rien et je l’embrasse franco : eh violeur , et le respect de la liberté de l’autre ? et merde ... dis lui que tu l’aimes, simplement ; mais je ne sais même pas si je l’aime ; d’accord je suis bien avec elle, mais qui sait si au bout d’un certain temps... Et puis si c’était surtout de rester seul qui t’emmerde... Bordel et comment ils font donc ceux qui s’en baise une tous les soirs ... Eternel adolescent !

J’angoisse de la draguer ...

ah ! laisse tomber ces conneries de vignes, ce putain de château delabré, puisque c’est une vie trop difficile pour ces dames. Tu ne peux pas les y obliger quand même. Cà ne sert à rien de lutter contre le courant quand il est trop fort, alors rends-toi à l’évidence, largue tout, achète un bateau, hisse la grand voile et pars sur les îles au soleil, là ou les filles ne te posent aucune question ; le paradis doit bien exister, Deumédane !

...

Dans la terre non loin d’ici
Traînaient des morceaux de poteries ...
et le Tarn bouillonne,
il tourbillonne en vagues rouges sang,
tel du moût de raisin qui fermente dans la cuve,
comme une allégorie du mystère de la vie
la vie qui croît, frêle et irrésistible,
mûe par un désir puissant,
un désir plus fort que le néant.
à l’image de mes vignes qui poussent et me poussent
Malgré la pluie et le gel,
Malgré le vent et la grêle,
et malgré la banque ...
et je rêve ... à ma grand mère, à ma mère ... à la mère de mes enfants ...
leur désir qui m’entraîne , souffle de vie, énergie vitale,
mais leurs voix s’estompent dans le fond de ma mémoire,
comme une petite mort qui s’installe.
Et je cherche toujours sur ce cher vieux chemin,
la libre fraternité, la fraternelle liberté,

la seule tendresse, car seule la tendresse
peut nous conduire encore au coeur de l’univers.

-*-

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Passion 

Ton parfum de miel et de Muscadelle
est enraciné dans mon souvenir
comme les bouts de tes petits seins durs
à croquer comme des raisins murs.
Et tes yeux aussi bleus qu’une mer de tendresse
ramolliraient une armée de vieux loups solitaires
Je n’oublierai jamais l’invitation de tes hanches
quand elle se cambrent vers moi
et que tes cuisses fermes m’enveloppent de douceur.

...

Ca devait être le printemps, car l’herbe était haute, si haute qu’on pouvait s’y allonger sans être vu. Plus tard nous sûmes que souvent les amoureux y menaient leurs ébats, mais ce jour-là nous croyions être les premiers à l’avoir découvert ! il faisait chaud, elle portait une jupe légère, et moi une culotte courte. Tous les deux dans les hautes herbes, nous étions comme isolés du monde, comme complètement offerts l’un à l’autre. C’est sa culotte qui avait sauté la première ; elle s’était allongée sur le ventre et je lui avais délicatement relevé la jupe. A chaque caresse sa peau se hérissait un peu plus, elle devenait chair de poule et sa voix douce accompagnait son excitation naissante. Alors je plongeai tête la première vers ce spectacle magnifique : de ses fesses et de sa fente se dégageait une odeur douce et suave qui acheva de me transporter. Contenant mon désir, je choisis une herbe longue et commençai à lui chatouiller délicatement l’entre cuisse. Le brin d’herbe passait lentement dans la raie de ses fesses, jusqu’à sa fente toute lisse, il s’insinuait imperceptiblement à l’intérieur de son anus. Elle se trémoussait avec tant de naturel que son rire dégageait un parfum d’innocence qui se grava à jamais dans ma mémoire ...

Le bruit extérieur qui nous ramena à la réalité, c’était le vieux jardinier qui nous regardait de loin. Le charme se brisa net et elle se releva précipitamment. Et jamais nous ne sûmes ce qu’il avait vu au juste, et ce qu’il avait pu en raconter. Cette question lancinante finit de détruire nôtre complicité ; la honte remplaça l’innocence, il faudra une vie pour retrouver ces moments où la liberté des corps est si parfaite, et ou les désirs ne sont tachés d’aucune culpabilité ... nous avions juste 7 ans et c’était mon premier amour.

...

Mais, nom d’un chien, depuis que j’ai rencontré cette fille, je ne crois pas l’avoir entendue dire non ; je n’ai qu’à proposer quelque chose et elle est là et me regarde avec ses grands yeux de biche curieuse ; jusqu’où cela va aller cette histoire ? bon mon vieux ce n’est pas le moment de flancher, il te faut te montrer à la hauteur, cette fois vas-y, mets le turbo ...

Bordel depuis quatre jours que je lui joue le grand jeu, il suffit que je bande, pour qu’elle soit disposée ; et plus, on dirait qu’elle sent mon désir avant moi. Il me suffit d’avoir envie de la pénétrer pour que ses cuisses s’écartent et que sa vulve s’humidifie. Mon sexe se sent totalement libre, il n’y a plus que moi pour le tenir en laisse, et paradoxalement, les fantasmes ont quitté mon cerveau, avec la peur qui s’est évanouie ; jusqu’où puis-je aller avec elle ?

...

Ce coin sauvage , je m’y suis si souvent promené seul. A ressentir ces grouillements de vie, si proche de la vie primitive, si loin et si isolé de la société, chaque fois mon esprit s’est mis à vagabonder autour de mes fantasmes préférés, un peu comme si je me retrouvais comme au début, à l’age de mes sept ans. J’aurais jamais penser pouvoir y amener un jour une dulcinée, même dans mes rêves les plus fous. Et maintenant elle était là, et j’étais si peu sûr d’être à la hauteur ! Je ne pouvais quand même pas commencer en lui enfilant une herbe dans l’anus ! Surtout que mon désir étant si fort, je crois bien que je n’aurais jamais pu le retenir ! et si je l’attachais à un arbre comme je l’avais si souvent imaginé ? mais ce serait bien trop mal commode pour lui faire l’amour ensuite ! les meilleurs choses sont finalement les plus simples et une fois que je l’ai eu déshabillée, c’est elle qui s’est allongée sur le sol, dans la boue et les épines, d’emblée soumise à mon désir, son regard planté dans le mien. Alors je m’allongeai sur elle, mes yeux fixés dans les siens, et en lui tenant fermement les mains comme pour être sûr qu’elle ne puisse s’échapper, je la pénétrai d’un seul coup de rein sans autre préliminaire que notre désir réciproque, et me retrouvai ainsi directement au fond de son vagin. Je ne saurai jamais si le gémissement qu’elle poussa fut de douleur ou de délivrance, mais ni avant, ni depuis, je n’ai ressenti un tel sentiment de puissance mâle, à l’image d’un gorille fruste et innocent , quand il fait jouir ses femelles ; l’orgasme nous submergea tous les deux en même temps, et nous restâmes longtemps ainsi enlacés, sueur mêlée, car ni l’un ni l’autre ne voulions briser la magie de ces instants primitifs.

...

Ton parfum de miel et de muscadelle

est enraciné dans mon souvenir
comme les bouts de tes petits seins durs
à croquer comme des raisins mûrs.
et tes yeux aussi bleus qu’une mer de tendresse,
ramolliraient une armée de vieux loups solitaires.
je n’oublierai jamais l’invitation de tes hanches
quand elle se cambrent vers moi
et que tes cuisses fermes m’enveloppent de douceur.
ta vulve tout humide palpite dans ma mémoire
comme une fleur fragile quand elle frissonne sous la bise.
Ma joie c’est de sentir ton corps trembler de jouissance
et de voir tes yeux se remplir des larmes du bonheur.
parce que c’est ton plaisir qui m’inspire
parce que c’est ton désir qui m’attire,

passion.

-*-

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Vertige

Rentrer chez soi le soir , en sachant le dîner cuisiné, la table mise, et qu’elle attend, prête ...

j’en ai si souvent rêvé !

affronter le froid et la bise pour une belle qui vous câline et donne sa tendresse :

Elle m’appartient ma belle enchanteresse !

rester seuls à deux comme si rien d’autre au monde ne pouvait exister jusqu’à en oublier cet autre, là , l’ami derrière la porte..., comme une valse qui ne finirait plus .

est-ce bien cet amour-là que tu cherchais ?

...

Quand je pénétrai dans cette maison, c’est le silence qui m’impressionna au premier abord, on aurait dit comme un vide ! Pourtant certaines lumières étaient allumées et les portes semblaient s’ouvrir toutes seules devant moi, comme au château de la Belle au bois dormant. En poussant plus avant, une musique douce parvint à mes oreilles, qui m’invita à avancer. Je grimpai alors dans les étages, la pièce d’où venait la musique était dans la pénombre. La lumière de deux bougies léchait doucement les murs pendant que la musique vous enrobait d’une douce mélancolie. Je ne l’avais pas remarquée de suite mais mes yeux ne purent se détacher d’elle quand je la vis, allongée sur le ventre, à cheval sur le pouf ; son visage me tournait le dos, mais ses fesses étaient nues, ses reins cambrés et ses cuisses écartées. Je ne pouvais pas détacher mon regard de ce sexe ainsi offert. Je ne savais pas , vu son immobilité, si elle avait remarqué ma présence, mais il n’y avait aucun doute sur le fait que ce spectacle était là pour moi, pour moi seul ! je sentis mes jambes qui fléchissaient tant j’en avais le souffle coupé. L’excitation qui me pénétrait était si forte que mon sexe en resta désespérément flasque ! Nom d’une pipe, alors que je brûlais de lui faire subir les pires outrages et que visiblement c’est ce qu’elle attendait, impossible de bander ! J’avais devant mes yeux le plus grand fantasme qui avait peuplé mes nuits solitaires, et mes jambes me manquaient, comme si j’étais brusquement atteint par un malaise indéfinissable, comme si j’étais au bord d’un précipice : Vertige !

...

Nom d’un chien ! mais qu’est-ce qu’elle me raconte, qu’elle ne pourra pas se donner à un homme trop faible, trop gentil, qu’elle ne respecterait pas , qu’elle m’aime mais que je dois changer, me durcir, durcir le ton de ma voix, prendre de l’autorité ! mais elle déraille cette fille ! est-ce que c’est aimer quelqu’un que de vouloir le changer, ou n’est ce pas plutôt vouloir le posséder ? un peu comme cette manie de couper les fleurs sauvages pour les mettre dans un vase ; bien sûr elles sont si belles, mais en voulant ainsi les avoir rien que pour soi, on les tue irrémédiablement. Alors moi , je suis comme je suis. et qu’on me prenne comme je suis ! ... Je n’aime pas les clés, je ne sais pas vivre avec des clés, ma porte sera toujours ouverte , pour les amis que j’adore, et pour ceux qui ont mal , aussi cons soient-ils, ils pourront toujours la pousser et trouver un peu de chaleur... s’il m’en reste !

Voyons garde ton calme ! tu ne va pas devenir violent, ce n’est pas le moment de disjoncter ; Cette fois tu as encore présumé de tes forces et oublié de préserver ton jardin secret ! Et finalement elle a raison de dire que tu es trop gentil ... Bonne pâte et ensuite tu exploses quand tu ne sais plus comment conserver ton intégrité ... Vertige !

...

Rester à deux, comme seuls au monde, Comme une valse interminable, jusqu’à en oublier cet autre derrière ma porte.

Mais pourquoi dans ces yeux si doux, brusquement ce regard d’acier qui transperce le coeur : que c’est impressionnant une femme amoureuse !

Je t’aimes mais je te veux libre, la liberté sans laquelle tu ne peux pas me dire : "je t’aime !"

Tu m’aimes mais je suis libre, sinon comment me croiras tu quand je te dirai : "je t’aime !"

Alors ce vertige qui me vient de l’angoisse du vide, je l’apprivoiserai pour m’en faire un ami, comme l’oiseau utilise le vent pour devenir libre !

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Equilibre.

Et si l’amour c’était comme un rayon de soleil qui vient eclairé le matin quand ton coeur est gris,

Et si c’était ce bouquet de fleur ramené le soir et qui ensoleille ta tête.
Et si l’amour c’était comme un coupe de tendresse irrésistible et douce, à boire dans le même verre.
Et si l’amour c’était ce petit pincement au coeur qui saoule avant même que d’avoir bu.

Et si l’amour c’était cet ange qui passe , comme un souffle d’air léger et fluide juste à fleur de peau, si c’était ton sourire malicieux qui transforme ton visage en rivière accueillante

Et si l’amour c’était comme une liberté qu’on donne, comme le meilleur de soi-même. Et si c’était comme lui donner le meilleur d’elle-même.

Et si l’amour c’était comme une prière qu’on fait, de celle qui nous unit au coeur de l’univers

...

Elle : Mais l’équilibre n’existe pas car la vie est un perpétuel déséquilibre !

lui : Et moi,j’aime le déséquilibre car il me surprend, mais pourtant c’est l’équilibre que je poursuis en permanence !

Elle : l’équilibre est statique, il ne bouge pas. Et la vie naît du déséquilibre des choses,

Lui : Mais elle naît justement parcequ’on recherche l’équilibre dans un effort perpétuel. Cette quête qui nous fait avancer, c’est comme la quête du paradis perdu !

Elle : la passion amoureuse est un moment si fort , on se sent vivre et le reste, tout le reste, devient fade quotidien !

Lui : pourtant le vrai amour est libre, il ne peut rester enchaîné dans une impression irréelle, il doit s’enraciner dans des sensations partagées au quotidien.

 ...

Quand pour la première fois j’ai vu des voûtes en forme de paraboles, j’ai été vraiment attiré, ce fut comme un fascination instinctive, c’est une forme si naturelle, comme primitive. Alors j’ai essayé de réfléchir à cette courbe, qui n’est ni une ellipse, courbe fermée, ni une hyperbole, courbe ouverte, mais la frontière entre les deux, l’équilibre. 

Il y a des astronomes pour prétendre que l’univers s’agrandit certes mais qu’un jour le mouvement s’inversera, et qu’il finira dans un grand éclair blanc, un nouveau bigbang :comme le reflet d’une passion dévorante : fascinant, mais cet univers est trop fermé.

d’autres affirment qu’il s’agrandira éternellement et donc l’univers se dissoudra comme dans un immense linceul blanc, comme une mort douce mais froide, comme quand un amour s’éteint ... c’est si triste un amour qui meurt : et c’est un univers trop ouvert.

Alors pourquoi ne pas faire le pari de la recherche de l’équilibre : accepter la tension, non pour se perdre, mais pour qu’elle devienne féconde ; accepter la passion, tout en cherchant à préserver la raison ... Paraboles.

...

C’était l’heure de la sieste, au moment où la chaleur est si forte qu’une douce torpeur inonde hommes et choses ... la pièce était comme remplie d’une douce lumière, qui s’infiltrerait de l’extérieur. Elle avait la peau entièrement cuivrée, comme dorée par le soleil. Couché sur le coté, mon sexe entre ses reins, je la regardais se remplir de plaisir, et c’était comme si j’étais extérieur à la scène, tout en y participant au plus au point. et je voyais dans ses yeux, et je sentais dans ses reins, sa jouissance s’enfler comme s’enfle un fleuve quand la crue arrive ! Je la sentais et je l’aidais. et j’étais comme un prêtre au moment d’officier, car rempli de la responsabilité la plus incroyable : l’amener à la joie. j’étais en train de participer au rite le plus sacré, au rite le plus saint, sans lequel rien de beau n’existerait dans ce monde si cruel. Et nous partageâmes la coupe du plaisir dans un de ces moments uniques, qu’on n’oublie de sa vie. Merci au ciel , de nous laisser approcher des moments aussi forts, de nous avoir donné la liberté d’aimer.

...

Et si l’amour c’était comme une liberté qu’on donne, comme le meilleur de soi-même. Et si c’était comme lui donner le meilleur d’elle-même.

Et si l’amour c’était comme une prière qu’on fait, de celle qui nous unit au coeur de l’univers

Si c’était comme se laisser descendre aux origines de la vie, là ou l’energie se crée, où les choses se transforment : tous ces sexes se dressent comme des talismans, symbole de l’instant présent, là où le passé meurt et où l’avenir se crée.

Et si l’amour c’était comme un grand feu qui embrase, un noyau de jouissance d’où naît l’existence.

Et si l’amour c’était tout ces moments de tendresse passés ensemble à les regarder grandir

 et si c’était comme ce vin si doux que nous avons si longtemps espéré

 Si l’amour c’était ce soleil qui éclaire tes yeux au fond de ma mémoire comme le reflet d’un ange qui passe,

 Et si nous l’offrions au monde , comme une prière qu’on donne, comme ce bouquet offert !

 Et si l’amour était ce qui nous entraîne à tout moment, qui nous déséquilibre sans cesse, à la limite de la chute.

 Et s’il était la seule chose au monde qui puisse nous tenir en équilibre, à la frontière de la joie, au coeur de la vie.

 Et si c’était juste quelquechose qu’on ne peut pas dire avec des mots ...

 -*-

 Alain Boullenger, Brames-Aïgues, Avril 1995.

 

 

 

 

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